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L’incurvation, en équitation, se définit comme l’attitude dans laquelle le corps du cheval épouse la courbe sur laquelle il évolue. La réalité est toutefois un petit peu plus complexe que cela, et c’est ce que nous allons voir cette semaine.
L’incurvation est utilisée en équitation afin d’assouplir le cheval, de lui permettre de tourner en équilibre sous la selle et de favoriser l’engagement du postérieur interne. Nous allons voir cette semaine comment cela est rendu possible par :

La nuque et l’encolure
L’encolure est la partie la plus mobile du rachis. Elle est la seule à pouvoir se fléchir latéralement de façon prononcée, la latéroflexion étant quasi inexistante dans le reste de la colonne vertébrale (nous y reviendrons dans les articles suivants). Grâce aux articulations atlantlo-occipitale (C0-C1) et atlanto-axiale (C1-C2), la nuque est la région de l’encolure la plus mobile. L’amplitude des mouvements de latéroflexion, flexion-extension et de rotation y est importante, permettant à la tête de bouger dans toutes les directions.

La flexion latérale de l’encolure est assurée par les muscles extenseurs et fléchisseurs qui se raccourcissent du côté concave (contraction concentrique) et s’allongent du côté convexe (contraction excentrique).

Cette amplitude de mouvement rend très facile pour le cheval le fait de plier l’encolure d’un côté et de l’autre, de tourner ou d’incliner la tête, d’abaisser ou de relever l’encolure. La vraie difficulté, pour le cavalier, est donc plutôt de développer le tact nécessaire pour pouvoir agir sur cette zone extrêmement mobile et sensible sans perturber la locomotion du cheval. Gardons également à l’esprit que le cheval s’équilibre grâce à son bloc tête-encolure, et donc que tout défaut d’équilibre aura une influence sur la position de celui-ci, et vice-versa. Par exemple, un cheval qui surcharge son antérieur gauche aura tendance à amener sa tête et son encolure à droite pour s’équilibrer et aura donc des difficultés à s’incurver à gauche.
Le tronc
Si l’encolure reste, de loin, la partie la plus mobile de la colonne vertébrale, une légère latéroflexion est possible dans le segment thoracique de T9 à T14. Les muscles Erector spinae et grand dorsal sont étirés du côté convexe, et raccourcis du côté concave. Toutefois, c’est surtout la rotation de la cage thoracique qui donne une impression d’incurvation. En effet, la cage thoracique est maintenue uniquement par des sangles musculaires et dispose donc d’une certaine liberté de mouvement entre les antérieurs. Le mouvement de rotation de la cage thoracique s’opère à chaque foulée, en fonction du poser des membres. Toutefois, lorsque le cheval est incurvé à gauche, le mouvement de rotation vers la droite de la cage thoracique est accentué, et vice-versa. C’est ce phénomène qui donne au cavalier l’impression que le cheval s’incurve autour de la jambe intérieure.

Au niveau musculaire, ce sont les abdominaux obliques internes et externes qui sont responsables de la rotation de la cage thoracique. Par exemple, dans une incurvation à droite, l’oblique externe droit et l’oblique interne gauche se contractent pour provoquer la rotation de la cage thoracique vers la gauche.

L’arrière-main
En raison de la forme et de la taille des processus transverses des vertèbres lombaires, les mouvements de latéroflexion et de rotation y sont minimes, voire inexistants. Les vertèbres qui forment le sacrum sont soudées et ne permettent donc aucun mouvement. Quant à la jonction entre les lombaires et le sacrum, elle est verrouillée par des ligaments qui ne permettent que très peu de mouvement de latéroflexion et de rotation.
Dans cette région se trouvent également deux articulations qui relient les membres postérieurs à la colonne vertébrale au niveau du sacrum : les articulations sacro-iliaques. Celles-ci permettent une rotation du bassin, qui s’effectue à chaque foulée pour permettre aux postérieurs d’avancer sous la masse tour à tour. Tout comme la rotation de la cage thoracique, le mouvement de rotation du bassin est accentué lorsque le cheval est incurvé. Par exemple :

Les principaux muscles sollicités pour la rotation du bassin et l’engagement du postérieur interne sont les adducteurs, les fléchisseurs de la hanche (tenseur du fascia lata, quadriceps fémoral) et les ilio-psoas.


Conclusion
Pour clore cette semaine sur la biomécanique de l’incurvation, voici un récapitulatif de ce qui se produit dans le corps du cheval lorsqu’il est incurvé :
Pour obtenir une incurvation correcte, le cavalier devra donc :
Les erreurs les plus fréquentes :
Chloé Vic
Sources
Biomécanique et Gymnastique du Cheval, Pr Jean-Marie Denoix
Biomécanique du Cheval, Ostéopathie et Rééducation Equestre, Dr Pierre Pradier, Dr Marie-Odile Sautel
Level 5 certificate in Equine Biomechanics, The Open College of Equine Studies (TOCES)
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