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Article écrit en collaboration avec ma collègue Clio Marshall (collectif Bouillon de Poney)
Isis est encore un peu claquette pour son âge (7 ans), elle a du mal à se muscler, elle est sur l’œil et au travail, elle donne parfois de violents coups de tête.
J’ai commencé par éliminer la cause comportementale qui avait été avancée, et faire appel à Tasmin, anciennement ostéo, aujourd’hui spécialiste en ergonomie de l’équitation au sein du Collectif. Après de longs échanges entre elle, Manon, la proprio, Mathilde, son ostéo sur place et moi, on décide de demander des radios.
D’où les coups de tête. En fait Isis a mal, même parfois très mal, depuis des années, et on va s’accorder sur le fait qu’elle est finalement très gentille et qu’elle aurait pu nous le dire d’une façon beaucoup plus violente et/ou dangereuse.
D’où aussi le fait qu’Isis soit sur l’œil. La douleur chronique est une source de stress permanent qui ne permet pas au cheval de se détendre et donc d’enregistrer les apprentissages correctement.
Le diagnostic est un coup dur, mais il est nécessaire pour pouvoir avancer et écouter au mieux la jument. Des adaptations sont faites au niveau du matériel (grâce entre autre à Laetitia, collègue d’Ergonomie Équestre, amis et alliés) et je prépare à Manon un petit programme de reprise du travail avec notamment des exercices sur les barres au sol. Le but est, dans un premier temps, de permettre à la jument de fonctionner sans la pression du cavalier sur le dos et de reprendre confiance en nos interactions. On atteint là les limites de mes compétences. Isis donne toujours des coups de tête, elle est toujours sur l’œil, on note une légère évolution mais pas du tout à la hauteur de ce que ça devrait être. Après discussion avec les collègues du Collectif et l’analyse de photos et vidéos, on s’avoue qu’il y a un gros problème locomoteur dans tout ça. Je convainc donc Chloé de m’accompagner en Normandie pour qu’elle jette un coup de son œil expert à Isis. Chloé, c’est la boîte à outils posturaux du Collectif, notre monitrice préférée.


Suite à ça, Chloé élabore son programme de travail.
Tout ça en tenant compte du fait qu’Isis ne supporte que très peu qu’on touche aux rênes ou à la longe (et on la comprend).
Du coup : exos à la longe, barres au sol, travail à l’épaule en allant solliciter d’autres zones que la tête (pectoraux, cage thoracique, muscles obliques, arrière-main).
En trois jours sur place, Chloé a pu montrer à Manon les exercices principaux, corriger sa position lorsque c’était nécessaire, et lui expliquer le pourquoi du comment on voudrait qu’Isis se tienne autrement et pour elle, et pour nous. J’ai pu, en parallèle, lui parler des signaux d’apaisement, activités de substitution, comportements de distanciation et signaux de stress qu’Isis utilise beaucoup et qui nous serviront de marqueurs dans la progression du travail. Notre objectif principal étant de ne plus faire mal à Isis.
La deuxième série de photos à été prise six semaines après notre passage. Manon travaille Isis à raison de quatre séances par semaine environ, elle est suivie par Chloé grâce à l’envoi de vidéos.

Vue latérale :

Vue caudale :
Chloé et moi sommes retournées en Normandie en octobre 2021. Les progrès sont alors encourageant :
En Novembre, Manon fait repasser un vétérinaire pour contrôler l’évolution de la pathologie d’Isis. Le constat est une excellente nouvelle :
Chloé prépare maintenant une reprise progressive du travail monté, qu’on espère pouvoir partager avec vous bientôt !
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